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Les chats de Baudelaire : les fleurs du mâle ?

09/10/2014
Les chats de Baudelaire : les fleurs du mâle ?

Baudelaire a écrit quelques unes des plus belles lignes sur les chats. Et sur les femmes. Les une vont d’ailleurs tellement bien avec les autres ! Dans certains de ses poèmes, dont le chat est absent, l’animal est pourtant partout... En fait Baudelaire devait être chat. D’ailleurs, il est des poètes maudits et la malédiction, chez les chats, en France et en terre d’inquisition en tous cas, ils savent ce que c’est. C’est peut-être aussi pour cela que même pour ceux qui comme moi ne sont pas de grands fanas de poésie, Baudelaire colle le frisson. Le grand...    
A condition toutefois de bien entrer dans le texte, on ne lit évidemment pas Baudelaire comme les titres de la presse people... Voir les quelques vers proposés au bas de ce papier, c’est d’une délicatesse absolue.
Baudelaire avait une vraie passion pour les chats, bon d’accord nous aussi, nous qui écrivons sur Micetto, vous qui  lisez, mais la différence c’est que Baudelaire est un géant des mots ! Les chats,  tous seuls, c’était déjà une drogue, écrits par Baudelaire, on plane carrément...
Un jour, en visitant le cimetière de Montparnasse avec Claude Marti, conférencier à l’immense talent, j’ai découvert la tombe de Baudelaire.  Minuscule, quasi introuvable,  et ce n’est pas même pas Charles Baudelaire qui figure en tête d’affiche !  J’ai espéré comme un fou qu’un chat arrive pour s’allonger sur la tombe, j’aurais eu une sorte de scoop félin mondial. Et des chats dans les cimetières parisiens, Micetto a raconté l’histoire de ceux du Père Lachaise, il y en a des centaines. Mais ils n’ont pas voulu me donner cet instant d’éternité. Tant pis pour moi, ils ont gardé Baudelaire pour eux seuls, le magicien qui leur a donné ces vers... Au fait, heureusement que le chat est nommément cité dans ces mots, on aurait pu imaginer des trucs, mais des trucs !  

 De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressé une fois, rien qu'une.
C'est l'esprit familier du lieu;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire;
Peut-être est-il fée, est-il dieu?
Quand mes yeux vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

 

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