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Kouzya ou l'histoire d'un chat sans papier embauché dans une bibliothèque de Moscou

Kouzya, le héros dont nous parle le Moscow Times est poilu, marche à quatre pattes, est très chicos car il porte un noeud pap blanc, même s’il est quelques fois un peu de travers. C’est qu’il faut bien porter une cravate quand on a été nommé Assistant-Bibliothécaire  même si on est un chat qui vient de la rue.
Kouzya, chat tigré, a réussi à intégrer la bibliothèque de la ville de Novrossoosk, sur les rivages de la mer noire. Il était un chat errant et il a campé devant la bibliothèque jusqu’à ce que le Directeur l’adopte. Kouzya est le meilleur Public-Relation qu’il aurait pu trouver. Il vit heureux dans l’établissement, déambulant dans les allées, dormant allongé de tout son long par terre ou blotti dans le casier d’une étagère au milieu des magazines. Il est la coqueluche des visiteurs dont il reçoit maintes caresses. Certains ne viennent que pour lui puis finissent par s’intéresser aux livres.
Kouzya a des papiers officiels, un contrat de travail, un salaire (trente boites de pâté par mois). Il est vacciné et muni d’un passeport. Il ne peut en aucun cas être considéré comme un travailleur clandestin. C’est une question épineuse en Russie où les travailleurs sans papiers sont considérés comme volant le travail aux autres.
L’histoire de Kouzya rappelle celle de Dewey, son homologue américain. Découvert un matin d’hiver, tremblant de froid, dans la boite aux lettres de la bibliothèque de Spencer (Iowa), Dewey a été adopté par Vicki Myron, la Directrice de l’établissement dont il est devenu la mascotte pendant 19 ans. Dewey n’avait pas de contrat de travail mais il était néanmoins un excellent ambassadeur auprès de la clientèle qu’il charmait de sa bonne humeur et de ses facéties. Il est vite devenu le favori des médias, passant à la télévision, les opérateurs des différentes chaines se déplaçant pour venir le filmer.
Vicki Myron raconte dans un livre intitulé Dewey les aventures de ce dernier. S’il n’avait pas de papiers, Dewey avait reçu une définition de fonctions pour son emploi à la bibliothèque :

Cela consistait à :

1°  Réduire le niveau de stress de tous les humains qui s’occupent de lui.
2° S’assoir à la porte d’entrée tous les matins à 9 h pour saluer les visiteurs de la bibliothèque.
3° Tester la sécurité  et le niveau de confort de toutes les boites qui entrent dans la bibliothèque.
4° Assister à toutes les réunions de la salle ronde en tant que représentant officiel de la bibliothèque.
5° Faire le pitre pour le personnel et les lecteurs.
6° Grimper dans les sacs et les serviettes pendant que les lecteurs travaillent ou essaient d’y prendre leurs papiers.
7° Fournir une publicité gratuite, nationale et internationale à la bibliothèque municipale de Spencer (implique  poser pour les photos, sourire devant la caméra et être mignon d’une manière générale).
8° S’essayer à battre le record du chat le plus difficile du monde en refusant toute nourriture qui ne soit pas la plus chère et la plus délicate.”

Telle est la description du poste de Dewey ou du moins tel qu’il le remplissait pendant ses 19 ans d’exercice.

L’acceptation d’un animal de Compagnie dans un lieu public et l’engouement de la clientèle pour lui deviennent de plus en plus courant dans notre Société actuelle ce qui explique le succès récent des bars à chats, la présence de plus en plus fréquente de chats dans les maisons de retraite où il est démontré qu’ils éveillent l’intérêt des personnes âgées, particulièrement pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, les tournées effectuées dans les hopitaux par des Associations qui font visiter les malades par des propriétaires de chiens ou de chats qui les accompagnent. J’ai même connu un restaurant  à la Villette où vivait à l’entrée... un mouton.  

Tant mieux si les gens gardent leur capacité de rêver et de s’attacher à des animaux de compagnie dans un monde parfois dur et souvent très matérialiste.

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