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Violence ordinaire sur chat ordinaire… quelle peine ?

Violence ordinaire sur chat ordinaire… quelle peine ?

En fait, dans cette histoire,  pas d’avocat, le chat n’a pas de quoi se le payer, pas de procureur, Micetto n’a pas les moyens de se l’offrir ! Et finalement toujours pas de droit animal même si dans cette histoire en particulier il y a en théorie une peine de prison ferme...  

Les faits. Deux jeunes gens ont grièvement blessé un chat. Un acte de "violence gratuite" qui s'est déroulé à Perpignan le 9 novembre 2013. Dans le coma, après trois jours de soins intensifs, le chat a été sauvé. Les blessures étaient très importantes, causées par des coups de pieds à la tête. Mâchoire fracturée, œil énucléé, fracture du crâne. 

Enfin si, il y a un avocat dans cette histoire, puisque dans les faits réels qui sont exposés, c’est la profession du propriétaire du chat Maitre Cédric Pivetta. (Il faudra que je trouve un autre terme que propriétaire d’un animal, ce mot là a un côté esclavagiste que je n’aime guère. Si je dis le compagnon, les hordes de l’ordre moral, qui par définition ne comprennent rien à rien et ne suivent que leurs idéologues qui les manipulent comme des pions sur un échiquier vont redescendre dans la rue ! Si je dis le complice, le plus beau mot que je connaisse dans une relation homme-homme, homme-femme ou homme animal, on croira qu’il s’agit d’un délit, la complicité a hélas une définition judiciaire, le mot correct reste à trouver parce que je ne me sens absolument pas de droit de propriété sur un animal aussi indépendant qu’un chat).

Retour à l’affaire. Les déclarations de l’avocat qui, en l’occurrence, va devenir procureur ! Et oui, à Micetto, côté scénario, on est des balaizes, et c’est du 100% vécu ! 

Donc l’avocat… « Il y avait une mare de sang devant chez moi. C'est vraiment un acte de violence gratuite. C'est pour ça que c'est dangereux et inquiétant. C’est comme si l’on avait touché à un membre de ma famille ! J’étais, en fin de journée, à l'extérieur pour des raisons professionnelles quand des voisins m’ont alerté que quelque chose de grave venait de se passer. Ma chatte, Uji, adoptée à la SPA en 2004, se trouvait  dans le petit carré de jardin situé devant mon domicile à Perpignan. Elle aurait été attaquée par deux jeunes gens qui passaient par là, par hasard. Ils se seraient saisis du chat, et lui auraient donné des coups de pied dans la tête avec une grande violence, le blessant grièvement. Elle a été transportée à la clinique vétérinaire. Elle était dans le coma. Le crâne touché. La mâchoire fracturée. Un œil énucléé. Le rapport relève des coups violents et des contusions. Elle a passé trois jours en soins intensifs. Le pronostic vital était engagé. Par miracle, ils l'ont sauvé. On a pu la ramener à la maison".

Les habitants du quartier sont sortis, ont mis en fuite les deux jeunes et ont récupéré Uji. L’avocat continue… « D'après les descriptions, ils étaient deux, âgés de 17 ou 18 ans. Ils ont agi par méchanceté pure. J'ai déposé une plainte au commissariat dans la foulée pour actes de cruauté envers un animal, un délit passible d'une peine maximum de 2 ans de prison et 30 000 € d'amende. Une enquête est normalement en cours."

L’avocat a aussi saisi le Procureur de la République et transmis le dossier à la SPA en espérant que l’association se porte partie civile. On sait que la SPA d’autres groupes de défense des animaux réclament un statut juridique au Ministre de la Justice. La conclusion de l’avocat est assez désespérée… « Ma réflexion c'est que, finalement, on peut faire n'importe quoi aux animaux. On peut les considérer comme des objets, les détruire sans être inquiété ? Je l'ai vu. Il est compliqué de déposer plainte pour ce genre de faits, surtout que beaucoup de gens ne connaissent pas le droit. Les comportements à l'égard des personnes âgées, et des animaux, sont symptomatiques de l'état de notre société. C'est en fait la chronique d'une violence ordinaire ».

Voilà donc l’affaire en son état. On sait donc qu’un acte de cruauté envers un animal peut être puni de deux ans de prison ferme. On peut donc considérer dès lors que si la cruauté (loi de 2002) envers un animal est punie, l’animal est juridiquement protégé. Mais l’animal en soi n’a toujours pas de statut juridique. Mais quel statut lui donner ? Par quel bout faut-il commencer ? 

La question de départ est simple en fait : peut-on par exemple assimiler un animal à un être humain et en conséquence lui donner les mêmes droits ? 

La réponse n’est pas si évidente que cela, simple à priori mais il faut garder les pieds sur terre. Au hasard, peut-on donner les mêmes droits aux humains et aux araignées, qui elles-mêmes tuent des abeilles et des moustiques de façon assez douloureuse, araignées qu’il faudrait donc envoyer en correctionnelle à leur tour… Pas sûr d’ailleurs qu’en Afrique, les gazelles bouffées par les lions le soient sous anesthésie générale… Bref la douleur c’est un peu dans les mœurs naturelles… En revanche, il est vrai qu’il n’y a jamais chez l’animal de notion de cruauté, c’est hélas une invention humaine d’aimer faire mal.  Bref assimiler l’homme et l’animal, puis chez l’animal assimiler l’acte brutal et la cruauté serait évidemment absurde.  

Alors un droit particulier aux animaux ? 

On a vu qu’il existe déjà une protection juridique et que la cruauté envers un animal est sanctionnée de façon pénale. Faut-il et surtout peut-on aller plus loin ? Et comment ? 

Quelques exemples de la difficulté du truc. D’abord la loi actuelle, celle qui protège les animaux d‘actes de cruauté ne s’applique pas dans les régions où c’est une tradition, en particulier lors des corridas dans les arènes et des combats de coqs dans les gallodromes.

Ce qui veut dire qu’espèce par espèce, et même région par région, il faudra d’autres règles de droit ou d’autres dérogations. En plus, il y aura toujours chez l’homme, omnivore par définition, quand il ne l’est pas, c’est par conviction personnelle, des envies de viande rouge, de poulet, de gibier… Et que pour ça il faut tuer… Par ailleurs, les remontées de poissons dans les chaluts sont à la limite de la cruauté et pourtant, le poisson doit nourrir une moitié de l’humanité… 

Bref, un droit des animaux serait un merdier juridique sans fin… 

Il s’agit ici d’une constatation réaliste, sans à priori idéologique, je ne suis ni des ultras animalophiles ni des pragmatiques fanatiques. 

Il me semble que la poursuite de la cruauté est un bon principe, savoir en revanche s’il est appliqué par les tribunaux… 

Par ailleurs, un peu d’éducation dans les écoles et lycées ferait du bien, mais ce ne serait pas la panacée universelle, puisque malgré l’éducation il y a des voleurs, des violeurs, des criminels… Alors, demander aux profs d’inculquer le respect animal est une bonne idée mais qui n’évitera pas les déviances. 

Voilà lecteur, le droit des animaux pourquoi pas mais par définition, un droit fondé sur la seule idéologie serait totalitaire. C’est d’ailleurs pourquoi un état de droit est si long à établir, on sait qu’il existe encore en France des zones de non droit, il s’en créée de nouvelles tous les jours, c’est drôle d’ailleurs, les deux principales raisons en sont la richesse et la pauvreté… 

Bref, le droit des animaux c’est pas pour demain. Ce qui n’empêche pas d’y réfléchir.

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