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Paul et le chat

Paul et le chat

Anne Calife, de son vrai nom, Anne Colmerauer est née le 19 Mai 1966 en France. Elle a vécu à Montréal puis à Marseille. Après ses études de médecine, elle devient résidente à Nancy et, écrivaine renommée,  elle décrit dans ses romans avec beaucoup de sens poétique, les instants de bonheur fugaces et frêles ainsi que les souffrances qui ne sont jamais loin.

Son livre, Paul et le Chat, paru en 2004 que nous venons seulement de découvrir, pour lequel elle a reçu le 2ème prix Fernand Mery de l’Académie vétérinaire, mélange poésie, douceur de vivre, bonheur simple avec la dureté de la vie, les chagrins poignants, les douleurs lancinantes.

Les quatre personnages du livre sont Paul, un bébé de neuf mois qui s’éveille à la vie, le Chat qui est en réalité une chatte, le Printemps et la Guerre.

La narratrice qui est aussi la mère de Paul n’est qu’un témoin passif.

Paul, c’est la vie. Le Chat donne la vie en mettant bas ses petits. Le Printemps, c’est l’éclosion de la Nature. Mais la mort rode : c’est la noyade des chatons, c’est la Guerre et ses horreurs omniprésentes.

Vie et Mort sont intimement liées : “Tout était Guerre et Printemps à la fois”.

Tout est étrange mais, à la réflexion, devient sensé.

Par exemple, pourquoi appeler la mère des chatons “le Chat” ? Anne Calife l’explique :

“Mal gonflé, ballon empli trop vite, le Chat chaloupait désormais un ventre distendu. J’utiliserai pourtant l’article défini masculin pour qualifier le Chat, lui assignant ainsi son rôle silencieux d’espèce animale.”...“Pourquoi choisir pour personnage principal un chat ? Parce qu’il y a de l’humain en lui et de l’animal dans cette guerre autour.”

Tous les personnages sont muets dans le silence d’hiver sauf peut être la Télévision qui raconte les cruautés de la Guerre.

Tout s’emmêle : “ Quelque part entre les branches noires de l’hiver, la mort nous fixait. Le Printemps allait pouvoir commencer.”

Paul, c’est la vie : “Miroirs ronds, les cornées neuves de Paul reflètent le Printemps, telle une caméra”.

La Guerre, c’est la mort : “Sur le Golfe, il devait encore faire nuit et la mer, le ciel devaient se fondre unis et noirs, à peine frangés du blanc des vagues. Noir immense. Noir engloutissant tous les espoirs.”

Mais dans la pénombre du malheur, reste toujours une étincelle de bonheur et de vie :”Frères tous deux du même Printemps, le Chat et Paul se mêlaient l’un l’autre en silence.”

Ils sont aussi vulnérable l’un que l’autre : ”Ils dépendent entièrement de moi”, expose la narratrice, ”S’ils pèsent le même poids, occupent la même surface corporelle, moi seule peux les nourrir, leur apporter de l’affection”.

Lire “Paul et le Chat” édité par Menthol House, c’est passer un court moment de jolies réflexions sur la vie et la mort. Anne Calife mêle le yin et le yang avec habileté. Elle fait preuve d’un regard expert sur les agissements du bébé et le comportement du Chat, dans leurs postures, leurs réactions et leur façon de vivre. L’attitude du Chat qui chasse est particulièrement bien décrite : “Le Chat observait le moindre tressaillement des fourrés. Joues en pointes de tueur, il abaissa les oreilles, se regroupant en avant sur les tâches blanches de ses pattes : un merle jaune et noir. La convoitise rétrécit ses prunelles, l’acide vert de ses yeux vira au noir. Son pelage, ses tâches noires se figèrent, sauf la queue qui fouetta l’air. Ca y est ! Il a bondi...” 

Tout maitre d’un chat reconnait dans ce tableau les mimiques de son compagnon.

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