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Les pompiers ne vont plus chercher les chats dans les arbres : entretien avec le colonel…

Je l’avais vérifié au cours d’un simple appel de courtoisie à la caserne qui se trouve au bas de chez moi à Paris, aujourd’hui, les pompiers ne viennent plus chercher votre chat quand il est en haut d’un arbre et miaule désespérément parce que ses griffes marchent bien dans le sens de la montée, moins bien dans l’autre… 

J’ai bénéficié de cette aide il ya vingt ou trente ans, les pompiers avaient d’ailleurs dû redescendre de l’échelle pour se munir de gros gants et de masques de cuir de protection, parce que mon imbécile de greffier avait tellement peur qu’il donnait violemment de la griffe et de la dent. 

Comme je n’ai pas la sensation que les pompiers aient aujourd’hui plus peur du vide, des griffes et morsures de chats, j’ai donc enquêté. 

Ce qui tombe bien, j’ai parmi mes amis de province un colonel de pompiers, que je vois rarement parce que nous avons tous les deux des agendas assez contraignants, et l’une de nos très rares rencontres a eu lieu il ya quelques jours, j’ai donc pu en quêter au plus près… 

Sa réponse se fait en plusieurs fois… 

 « En effet, ce genre d’action ne fait plus partie de nos missions. Nous avons une réponse un peu ironique à ce problème, je te la livre telle quelle : personne n’a jamais retrouvé un chat mort ou un squelette de félin en haut d’un arbre ! C’est donc qu’ils peuvent parfois y mettre un certain temps, mais ils redescendent, la meilleure arme pour cela est de leur présenter leur nourriture au pied de l’arbre. Cela dit, ne fait plus non plus partie de nos missions la destruction des nids de frelons, nous l’avons en effet fait pendant des années, mais même chose, c’est terminé ».

J’apprends donc aussi que pour les frelons, la destruction est aujourd’hui confiée à des organismes privés, évidemment payants, les communes pouvant ou non participer aux frais. 

Et je relance, sur le thème « il doit bien arriver aux pompiers de s’occuper d’animaux ! »

« Tout à fait » me répond-on, « quand se pose un problème de sécurité des populations à cause d’un animal. La récente vogue des NAC, alias « Les nouveaux animaux de compagnie », nous pose d’énormes problèmes. Parce que les gens achètent des animaux sauvages quand ils sont petits et adorables, puis quand ils deviennent adultes, n’ont plus aucun intérêt sociable parce qu’ils sont restés sauvages. Mais surtout ils peuvent devenir dangereux pour les propriétaires, qui les relâchent alors n’importe où. L’exemple que l’on cite le plus, mais on se retrouve dans une infinité de situations potentiellement très dangereuses, est celui du boa ou du python ! Là oui, nous intervenons, mais parce que le public est en danger. »

J’ai souri, en pensant qu’effectivement, un serpent adulte ou un  félin sauvage iront probablement se réfugier dans un arbre, même si les égouts, les caves, les granges, les greniers sont aussi des refuges d’où il peut être extrêmement compliqué de les extraire. 

Et que l’on se retrouve alors dans la situation qui existait il ya bien des lustres, l’animal est  sur son perchoir improvisé et  on appelle au secours! 

Le lecteur tintinophile se souviendra ici de l’album « L’île Noire ». Pour aller éteindre la maison du très glauque Dr Muller, les pompiers doivent ouvrir le garage du camion avec la grande échelle. Mais la clé est introuvable et pour cause, une pie, l’opéra dit qu’elle est voleuse,  l’a emportée dans son nid et les malheureux hommes du feu doivent monter dans l’arbre pour récupérer  l’indispensable objet !

Alors, bien sûr, j’ai susurré au colonel que pour que ses troupes aillent quand même chercher mon chat coincé dans l’arbre, je pouvais aussi, au téléphone,  leur dire que c’était un ours noir ou un constrictor ! Sa réponse a été que d’une part, l’animal est alors considéré comme dangereux  et que l’on peut manquer de tendresse pour aller le récupérer mais surtout, celui qui manquera totalement de tendresse sera l’homme de garde du commissariat de police ! 

 

Grand sourire, j’ai compris que dans le corps des pompiers il ya beaucoup d’humour, mais que leur métier est de sauver des vies. On imagine que durant une récupération de chat quelqu’un claque d’un problème cardiaque ou dans un accident de voiture, et là on se sent mal d’avoir eu seulement l’idée de les appeler. J’ai remercié le colonel en retenant que le chat finit TOUJOURS par redescendre de son arbre…  Lui saura faire de toute façon. Le vrai danger serait que je me mette moi à grimper dans l’arbre pour aller le chercher, ça pourrait alors  vraiment se terminer très mal avec intervention des pompiers…  

        

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