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L’hôpital ne se fout pas de la « chat-rité »…

 L’hôpital ne se fout pas de la « chat-rité »…

Il y a un hôpital à Paris qui s’appelle les Quinze-Vingt car quand il a été construit sur ordre de Saint Louis, il était destiné à recevoir trois cents aveugles.
L’hôpital existe toujours, il s’est évidemment agrandi, et au milieu de l’une des cours trône un magnifique conifère de plus de dix mètres de haut.
Il y a aussi dans l’hôpital une star, un chat nommé Pepeur. On en déduit qu’il est trouillard, chose parfaitement compréhensible, en ce qui me concerne, le seul fait de passer près d‘un hosto me rend extrêmement fébrile…
Un jour, comme tout chat Pepeur est curieux, la star a commencé à grimper le tronc de l’arbre.
Très facile pour un greffier, dont les griffes qui lui ont donné son surnom en argot permettent, dans du bois tendre, de grimper comme une araignée.
De grimper oui, mais pas de redescendre. Sa seule possibilité de se sortir de là est de sauter,  ce que font aussi ses grands frères qui se protègent dans la forêt africaine en habitant sur les grosses branches d’arbre, mais ils savent d’instinct qu’ils doivent rester sur les branches basses. Ce qui créée souvent leur perte d’ailleurs, car ils sont d’autant plus repérables qu’ils laissent pendre la queue sous eux.  
Donc, voilà Pepeur coincé en haut de l’arbre.
On pense aux pompiers qui ne se déplacent pas, arguant que l’on ne met pas la vie d’un homme en danger pour ça. Je viens d’appeler les pompiers qui sont casernés près de chez moi, qui me confirment le truc, « On ne fait plus du tout ça, il faut mettre des croquettes et du lait au pied de l’arbre et attendre » me répond-on.  
Ce qu’ont sans doute fait les gens de l’hôpital mais voilà, quand on s’appelle Pepeur, on n’attaque pas une descente sans rappel de dix mètres.
La SPA et la Fondation Bardot ont été contactées mais sans succès. Il est vrai que ces institutions ne possèdent pas de grande échelle…
Alors, le personnel de l’hosto s’est cotisé pour s’offrir les services d’une société qui élague les arbres à Paris, qui leur a pris 600 €, payés finalement par l’hôpital, mais en vain, ce n’était pas une échelle mais un engin élévateur beaucoup trop large pour passer entre les branches du conifère.
Et l’histoire dure cinq jours ! Et puis la bonne idée, on appelle … la presse, ravie d’avoir une histoire à raconter…
Du coup, miracle, les pompiers sont venus et on dégagé Pepeur en deux-temps trois mouvements.
Il est très probable aussi que lesdits pompiers ont dû souvent être appelés pour des cas mineurs, genre le pommier de deux mètres de haut… les gens ont toujours un peu tendance à penser que la cavalerie arrivera au bon moment, comme dans les westerns de John Ford, on voit d’ailleurs chaque été en montagne ou en mer des imbéciles prendre des risques incroyables qui se disent que de toute façon, en cas de pépin, la SNSM ou le secours en montagne ne les laissera pas tomber.
Bon, on absout les pompiers qui sont des gens exceptionnels mais qui eux aussi doivent rendre des comptes sur la gestion de leurs budgets. Comme il est passé dans l’esprit général qu’un service public, c’est absurde, mais c’est comme ça, ne doit pas perdre de l’argent, on y gère l’oseille au plus près.
Bref, cela devient un problème sociétal. Il faut être en danger de mort pour obtenir de l’aide. Solution dans le cas de l’hôpital des Quinze-Vingt ? Flanquer le feu à l’arbre … et rappeler les pompiers ? 

Jean-Louis Bernardelli

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