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Encore un tueur de chats.

Encore un tueur de chats.

C’est la réplique la plus difficile du théâtre de Molière et peut-être la plus difficile tout court. Ces cinq mots d’Agnès à Arnolphe (L’école des femmes, Acte III) sont déclamables sur des milliers de tons différents ! C’est terrifiant pour les jeunes actrices et délicieusement frissonnant pour les amateurs de planches. Mais du coup, personne ne fait  vraiment attention au pauvre héros de l’histoire, le chat !
C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui dans le très joli village de Villeneuve lez Avignon, j’y ai un ami, c’est un endroit délicieux, on y trouve même un restau avec piscine, sublime sensation au déjeuner pendant le Festival d’Avignon, haut lieu … du théâtre, nous y revoilà, quand la température est insupportable en juillet dans la journée…
Or, en ces lieux idylliques, un individu (mes confrères spécialisés dans le sordide évoqueraient  immanquablement un « sinistre » individu) (1) , un quidam mal intentionné  rôde dans un quartier de la cité et y pourchasse les chatons,  qui finissent occis ou en état de pronostic vital engagé (c’est comme ça que l’on écrit dans la presse des faits divers…) sur les tables d’opération de vétérinaires condamnés à l’impossible, et malheureusement, il se trouve que la gent médicale est celle qui croit le moins au miracle.
Les propriétaires des animaux ainsi massacrés tentent de déposer plainte, mais la maréchaussée locale leur répond qu’elle a autre chose à faire, dame, depuis 1669, les chaussettes à clous du coin cherchent toujours qui a cassé ce pont où l’on pouvait si bien danser tout en rond !  
Or, massacrer un animal, lui faire souffrir mille tourments, en France, c’est un délit. Passible donc de la correctionnelle.
Devant la bronca des habitants, les pandores ont accepté le dépôt de mains courantes, ce qui ne vaut pas un pet de lapin, et le « charial » killer va pouvoir continuer ses forfaits un bon moment. Avant qu’un procureur se dise, entre ses dix mille dossiers en retard, qu’il va ouvrir une enquête, il va en passer de l’eau sous… le pont d’Avignon !
Moralité, les chats vont devoir adopter la loi (édictée par Jean Pierre Claris de Florian), la règle de survie  de leurs célèbres voisins du Midi, les grillons : «Pour vivre heureux vivons cachés !»  

Jean Louis Bernardelli

(1) Information relatée par le Midi Libre du 22 avril 2013

 

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