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Le chat de Rossini : Un barbiere ... di quali-chat !

13/09/2014
Le chat de Rossini : Un barbiere ... di quali-chat  !

Le Barbier de Séville, plus chic en italien, « Il Barbiere di Siviglia » est probablement l’opéra le plus célèbre au monde, celui qui assure de jouer à guichets fermés dans les plus grandes salles de Paris, Milan, New York comme lors d’une représentation d’amateurs à l’occasion d’une kermesse dans un bled du fin fond du Wisconsin ou du Nunavut ...  

Le Barbier a fait la gloire de Rossini, Gioacchino de son prénom (on prononce djoaquino en insistant fortement sur le « cchi » prononcé « qui »), et ce dès ... le deuxième jour. Pas le premier. A cause d’un chat. Enfin à cause de cons qui ont utilisé un chat pour mettre « il casino », alias le binz…

Bon, on ne va pas vous refaire l’histoire de l’opéra, on va juste dire que le Barbier est résolument moderne, on est en 1816, et que comme toute création artistique, le moderne est d’abord hué. C’est ainsi que Mozart verra ses « Noces de Figaro » d’abord boudées par les puissants, dont ils sont, il est vrai, les cons de l’histoire. Dans d’autres domaines, Picasso sera d’abord peintre détesté avant d’être milliardaire, Modigliani et Van Gogh resteront maudits toute leur vie. Courbet paiera très cher sa magnifique « création du monde »… Bref, en art comme dans le reste, sauf l’auto et la moto, ce qui est nouveau est banni… 

Le soir de sa première (bon, dans les arts scéniques, il y a plusieurs premières (filages, couturières, première et avant première, générale), donc lors de sa première présentation au public, la salle, on est à Rome, au Teatro Argentina,le 20 février 1816, est totalement hostile. Et chez les ritals, une salle hostile, c’est un peu comme au Far West, ça hurle et ça tire dans tous les coins, tous les coups sont permis. 

Pas de chance en plus, la guitare qui accompagne Rosine casse une corde en début de représentation, la salle est morte de rire ...

Bref, bazar nucléaire mais comme l’œuvre est bonne, ça se calme... C’est alors que le chat entre en scène… 

Il est probable qu’il ait été jeté sur scène par un hostile, il est possible aussi que son dodo ait été dans une loge, ou sous les cintres, dans les guindes (il n’y  a pas de cordes au théâtre, comme sur un bateau, et le mot guinde vient du guindeau des marins), puis le vacarme du public ajouté à la musique et aux aigus de la cantatrice l’ont rendu de mauvaise humeur. Bref, le chat est arrivé sur scène et a mis une autre raclée de lazzi au malheureux auteur, qui tenait la baguette de chef d’orchestre. On imagine que d’une part, Rossini a traité ce malheureux chat de tous les noms puis que le félin a été sorti de scène de façon peu amicale…  

Le lendemain, Rossini n’est pas allé au théâtre, il a eu tort, ce fut le premier triomphe d’une longue lignée qui dure encore aujourd’hui. 

Mais Rossini n’en avait pas fini avec les chats. C’est connu, entre greffiers, existe une solidarité, ce mot devenu une injure chez les hommes, et les copains du chat maltraité à Rome en ont remis un coup au célèbre musicien. Par l’intermédiaire de Stendhal, qui attribuera au maestro, dans sa « Vie de Rossini », une histoire de miaulements (finalement vainqueurs de la résistance de la cible!) sous le balcon d’une « bella ragazza » que convoitait le jeune compositeur. 

Cette histoire permettra aux experts d‘attribuer à Rossini le fameux « Duo des chats », interprété par les plus grandes cantatrices au monde, entre autres Victoria de los Angeles et Elizabeth Schwarzkopf, mais dont la falsification a été démontrée en 1975. C’est un peu comme si dans 150 ans, on prouvait que « Let it be » n’a pas été écrit par Paul Mc Cartney pour les Beatles, ou que « Satisfaction » n’est jamais sorti des mains de Keith Richards pour les Stones…  Quelle belle revanche les chats, sur ce coup là, la vengeance s‘est mangée froide mais quel festin ! 

Vidéo d'un duo de chats attribué à Rossini

Vidéo Duo de chats : parodie de parodie… 

On trouve de tout sur la toile et ce collage de voix (très compressées !) sur des images ralenties donne une idée du fameux « Duo de Chats ». Une œuvre destinée à être interprétée par deux cantatrices, de tessiture « soprano » et « mezzo soprano » (la voix soprano est parfois masculine) et qui a été faussement attribuée à Rossini jusqu’en 1975 ! Certes, on y retrouve l’inspiration de l’opéra en trois actes « Otello » du maestro né à Pesaro, sur la côte nord dite « Adriatique » du pays, pas loin de San Marino. Mais le manuscrit et sa signature étaient bien des faux !


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