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Pour ses chats, Malraux alors ministre des Affaires culturelles casse un monument historique

04/02/2017
Pour ses chats, Malraux alors ministre des Affaires culturelles casse un monument historique

Je n’aime pas Malraux. Pourtant à l’occasion de cette histoire de chats je vais dire du bien de lui mais voilà, je ne l’aime pas. Je n’aime pas ses romans, je n’aime pas sa propre légende qu’il a réécrite lui-même, je n’aime pas ses tardives admirations pour la Résistance, pour Mao, pour les Républicains Espagnols, pour l’aviation de combat… On verra dans la suite de l’histoire que pour le bonheur de ses chats, Malraux a détruit des morceaux de monuments historiques mais il avait commencé très tôt, il était allé piquer à coups de burin une tonne de bas-reliefs sur le site d’Angkor, et bien entendu il s’est fait gauler, ce qui fait un tantinet d’ombre à l’icône de la culture auto-proclamée qu’il sera plus tard…  Parce qu’un voleur de bas reliefs peut devenir ministre de la culture !
Et, pour laisser une trace indélébile de son passage parmi les mortels, quand il est ministre de De Gaulle, il fait blanchir les monuments de Paris qui étaient, il est vrai, totalement noirs. Pour cela, on injecta des milliers de tonnes d’eau sous pression, avec un effet secondaire terrifiant, la pierre devint poreuse. Notre Dame, qui fête cette année son 750ème anniversaire, a failli partir comme du biscuit mouillé ! Aujourd’hui, on est forcé, pour réparer les dégâts, de repasser sur lesdits monuments une solution contenant des bactéries nourricières de la pierre, ce qui coûte bonbon…
Le seul truc positif de ce mec là finalement, c’est qu’à un moment de sa vie, il a aimé les chats. Il l’a écrit mais ce n’est pas une preuve dans une œuvre aussi apologiste de lui-même, en revanche, l’histoire que je vais vous conter, elle, est vraie. Elle a été relatée par la veuve de Céline.
L’histoire me ravit d’autant plus qu’elle se déroule aux dépens de Louise de Vilmorin, écrivaine et femme fatale, qui a rendu Saint Exupéry très malheureux, et Saint Ex est mon maître à écrire. Donc, j’aime pas non plus la Vilmorin.
Elle a connu de façon très intime tout le Paris intello d’entre les deux guerres et donc André Malraux. Puis, des dizaines d’années plus tard, elle a vieilli avec lui dans son château de Verrières le Buisson, somptueux monument archi-classé monument historique.
On a dit que ce genre de détail n’impressionne guère l’ex-ministre de la culture… la preuve, pour faciliter le passage de ses chats d’une pièce à l’autre, Malraux va découper des chatières dans les portes en lambris doré vieilles de deux cents ans !
Vilmorin en a pris une crise de rage mémorable. J’aime bien les vieilles pierres mais pourtant, l’histoire me fait franchement marrer.
Deux fois marrer d’ailleurs. Malraux est donc doublement sympathique ! Car la fortune des Vilmorin est la graineterie et l’animalerie, la boîte existe toujours, elle vend quai de la Mégisserie à Paris des centaines d’animaux en cage, c’est pire que les prisons de la Conciergerie sous la révolution, qui est d’ailleurs de l’autre côté de la Seine. Parmi les « pensionnaires » de la maison, des chats bien sûr, dont j’espère juste qu’après ce genre de traumatisme, ils trouveront une vie … de château !

 

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6/9/15

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