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Mark Twain : « L’homme est le descendant dévalué du chat »

27/06/2015
Mark Twain : « L’homme est le descendant dévalué du chat »

Pour résumer, c’est l’histoire d’un chat, et même du chat en général, qui a permis et même forcé l’Amérique archaïque du XIXème siècle , à travers un roman,  à adopter (un peu !) de tolérance, d’humanité, voire de plaisir.
Mark Twain, premier romancier américain de souche, et donc se libérant   (enfin !) de la littérature anglaise, était totalement fasciné par les chats. Dès qu’il en voyait un dans la rue, il s’arrêtait longuement pour faire connaissance. Au point qu’il a même utilisé le chat (et l’humour !) pour donner de formidables leçons à l’Amérique.  
Son roman Huckleberry Finn est considéré comme l’un des cinq meilleurs au monde.
Mark Twain, son vrai nom était Samuel Langhome Clemens, a fait plein de métiers, il a été journaliste, capitaine sur les bateaux du Mississipi, et écrivain au style particulièrement corrosif, à l’humour irrésistible mais cynique.
Il a le goût de la maxime, sauf qu’il est beaucoup plus marrant que La Rochefoucauld...
J’adore en particulier celle-ci : « Les murs des cimetières ne servent à rien, ceux qui y résident ne peuvent en sortir et ceux qui vivent à l’extérieur n’ont pas envie d’y rentrer... »
Et sur les chats, celle -ci : « Si l'on pouvait croiser l'homme et le chat, cela améliorerait probablement l'homme, mais sûrement pas le chat. »
Le chat, son héros, son philosophe, son maître à penser... Il a écrit par exemple ceci...
 « Les chats ont des moeurs dissolues, mais ils n'en ont point conscience. L'homme est le descendant dévalué du chat. Il en a gardé l'inconduite, mais laissé en route l'inconscience - cette grâce sanctifiante qui absout le chat. Le chat est innocent, non l’homme... »
Ceci a été écrit au dix-neuvième siècle, et son auteur est d’une certaine façon révolutionnaire. Les moeurs dissolues du chat ? La nonchalance, la volonté de ne rien faire d’autre de la journée que  pioncer et manger. Le jeu avec les oiseaux ou les souris avant de les tuer et de manger un morceau. Les multiples rapports sexuels et donc les compagnes multiples. Le  ronron pour signifier le plaisir, ce mot tellement interdit par toutes les religions.
Mais tout cela existe aussi chez l’homme !
Mais l’homme s’est créé une morale (on se souviendra des mœurs totalement rigides de la communauté puritaine immigrante en Amérique évoquées dans le film « Les amants du nouveau monde »).  En agissant comme le chat, l’homme est donc coupable. Cruel. Hors la loi. Le chat qui ne connaît pas de morale, qui ne sait pas ce qu’est la cruauté,  est par définition toujours innocent.
A travers sa passion pour les chats, Twain administre une incroyable leçon à ses contemporains, ce qui est d’ailleurs le fil conducteur de sa vie d’écrivain, dénoncer une Amérique injuste, cruelle, raciste, à travers ses romans et ses personnages.
Et ses romans auront une vraie suite positive sur les mœurs US !
Parvenir à faire évoluer les moeurs d’une nation par quelques textes, car à l’instar d’un Albert Londres en France, il a permis à l’Amérique d’avancer, et tout cela à travers un chat, il fallait être Twain… ou être chat, ce qui tombe bien, chat, Twain l’était un peu...    

 

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