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L’histoire du chat Snowball qui a permis l’arrestation d’un assassin

17/10/2014
L’histoire du chat Snowball qui a permis l’arrestation d’un assassin

L’histoire se déroule au Canada sur l’Ile du Prince Edouard et commence le 3 octobre 1994 avec la découverte du corps enterré de Shieley Duguay. Cette affaire criminelle nous est relatée par le Daily News du 24 aout 2013. Les soupçons se portent immédiatement sur l’ex mari de la victime Douglas Beamish un délinquant connu et reconnu de tous. Malheureusement il y a aucune preuve pour l’inculper. La voiture de Shieley est retrouvée 4 jours après le meurtre. Rien ne permet d’incriminer le principal suspect.
Bien que durant la nuit où Shieley a disparu, les voisins ont dit, avoir entendu le couple se disputer.
Malgré leurs soupçons, les enquêteurs s’avèrent impuissant à prouver la culpabilité de Douglas.
Cependant après 3 jours de recherche dans l'île, un sac contenant une paire de baskets et une veste en cuir, tachée du sang de Shieley est retrouvé.
Ces baskets sont de la taille de celles de Douglas Beamish, et son usure correspond à sa démarche. Mais ce n'est pas suffisant pour justifier une arrestation de Douglas.
Les enquêteurs découvrent également 20 poils blancs dans la doublure de la veste. Un test de laboratoire révèle que ce sont des poils de chat.
Cet indice aurait fort certainement était négligé si le gendarme Roger Savoie n’avait pas fait preuve de persévérance et d’obstination et l’affaire n’aurait jamais été résolue. Lors d'un entretien avec Douglas Beamish chez les parents de ce dernier, le gendarme Roger Savoie avait remarqué la présence précisément d'un chat blanc vagabondant autour de leur maison. Ce chat était celui des parents de Douglas Beamish et s’appelait Snowball.
Immédiatement Roger Savoie comprend que la solution de l’énigme est peut être là et que cela pourrait permettre de faire le lien entre Douglas Beamish et la veste sanglante.
A cette époque l’utilisation de l'ADN dans les enquêtes de meurtre était une science relativement nouvelle. Et l’ADN animal n'avait jamais été apporté comme preuve dans un procès criminel.
Roger Savoie a alors beaucoup de mal à convaincre ses supérieurs de se pencher sur ces poils de chat. Mais têtu, il fait appel aux scientifiques du monde entier. La plupart d’entre eux refusent poliment de se pencher sur sa demande, jusqu'à ce qu'il trouve Stephen O'Brien, un généticien de l'Institut national du cancer des Etats-Unis de Frederick dans le Maryland qui est également connu pour être un spécialiste de l’ADN félin et travaillait sur son génome.
Roger Savoie saisissant l’occasion d’un nouveau délit de Douglas obtient alors une citation à comparaître à son encontre et en profite pour prélever un échantillon de sang et des poils de Snowball. Un des poils ayant une petite quantité de chair attaché aux racines a permis de faciliter la recherche d’ADN. Le résultat de cette analyse entraine l’arrestation du meurtrier et sa condamnation 2 ans âpres son crime. O'Brien a tenu à préciser. que la possibilité qu'un autre chat ait le même profil ADN est d'environ 1 chance sur 45 millions.
Les analyses d O'Brien ont été convaincantes, puisque Douglas Beamish a été condamné à 18 ans de prison le 19 Juillet 1996.
Cette affaire n’avait pas fait l’objet de beaucoup de publicité jusqu'à ce que O'Brien et ses collègues Victor David et Marilyn Menotti-Raymond publie une brève description de leur travail dans la revue scientifique Nature. Cette affaire a créé un précédent juridique celle de l'utilisation d'un ADN non humain pour la première fois comme preuve dans un procès.
A noter qu’à la suite de cette affaire le ministère de la justice des USA se vit débloquer une subvention de prés de 300.000 dollars pour constituer un fichier génétique national félin. la Grande-Bretagne a elle aussi maintenant des bases de données ADN de chats et de chiens. Ces études aboutirent à aider les laboratoires médicaux légaux du monde entier à faire le lien entre les poils de chat trouvés sur les scènes de crime et le propriètaire du chat.
Depuis poils, sang et même l'urine des chiens et des chats ont permis de résoudre de nombreux crimes au Canada, aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.

La une du Daily news du 24 août 2013

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