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Les quatorze chats du cardinal de Richelieu ...

24/04/2017
Les quatorze chats du cardinal de Richelieu ...

Dommage, s’il en avait eu treize, on aurait eu un moyen mnémotechnique génial pour se souvenir que Richelieu était le ministre de Louis XIII ! C’est raté ! 

Richelieu, cet homme avide, l’un des plus grands voleurs de toute l’histoire de France (avec Mazarin…), l’un des hommes les plus cruels de tous nos dirigeants (bon, Clovis a carrément fait assassiner ses frères, ce qui n’est pas mal non plus !) Richelieu a par exemple laissé La Rochelle périr de faim, les femmes et les enfants crevant dans les fossés entre l’armée et les murailles, ils étaient sortis en pensant que l’on leur ferait grâce, et 5000 survivants seulement au moment de la reddition, sur les 30 000 habitants de la ville.  

Bon, Alexandre Dumas a fini d’en faire un personnage détestable dans « Les trois mousquetaires », Micetto ne cherchera sûrement pas à tomber dans le négationnisme, mais raconte ici une autre facette du personnage, tout en excès, comme tout ce qu’il a fait… 

Richelieu adorait les chats. Il en avait donc quatorze, qu’il a tous fait héritiers à sa mort (bon, il s’était tellement gavé sur le trésor public que ça n’a pas du ruiner ses descendants…). 

Le nom de sa chatte favorite, qu’il a appelée Soumise, montre d’ailleurs le type de relation que ce personnage totalement haïssable avait avec ses animaux favoris… 

Frédéric Vitoux, auteur du « Dictionnaire amoureux des chats », ouvrage très documenté au demeurant, lui, est un pro Richelieu assumé. Seules les mauvaises langues pourraient penser que comme par hasard, cet auteur est académicien, et l’Académie Française a été fondée par… Richelieu ! Un académicien ne pouvant évidemment être de mauvaise foi, nous écarterons donc d’un geste méprisant ce genre de pensée… Euh, quoique… 

Vitoux nous dit que quand il sort son habit vert avant de se rendre aux séances du 23 Quai Conti, son chat s’allonge sur cet habit, preuve qu’un de ses chat a sûrement sussuré à Richelieu de créer cet endroit très prestigieux… Mais chez moi, mon chat s’étend systématiquement sur mes jeans et mes cachemires, je devrais donc devenir cow boy parce qu’ils ont adopté le tissu Denim (de « de Nîmes », c’est français à l’origine !) et me convertir à l’hindouisme pour adorer les chèvres aux poils de dessous de cou qui valent des milliards ? 

Bref, l’académicien est peut-être quand même de mauvaise foi.  

En fait Richelieu, comme tous les hommes de cette époque, savait que dans une maison, dans la Librairie Royale, dans ses cuisines, dans ses placards à fringues, un chat est indispensable car il en chasse les rats. Richelieu a aussi fait construire une flotte française, ce qui manquait terriblement à un pays qui se voulait fort, il savait donc par ses amiraux et ses marins que faute de chat à bord, un navire est perdu, les rats adorant entre autres le suif qui graissait les cordes (terme impropre sur un bateau, on dit les manœuvres) qui reliaient la barre au gouvernail…

Donc, l’intérêt pour les chats commence là. Mais rien n’empêche ensuite la tendresse, ses chats dormaient avec lui, ils avaient pour noms, on ne les connaît pas tous, outre Soumise, Felimare, Gazette, Lucifer (forcément, chez un cardinal… On peut être un assassin et avoir de l’humour, la preuve…), Lodoïska, Pyrame, Thisbée (ces deux derniers sont des amants de la mythologie grecque), Serpolet, Rubis. Il en manque, on constate quand même que l’homme avait de la connaissance littéraire, au siècle de Corneille, c’était bien le minimum ! 

Les chats de Richelieu étaient nourris au blanc de poulet, ils avaient à leur disposition une pièce entière et deux domestiques à temps complet. Bref, les chats, peinards. Chat de cardinal, c’est sûr, bon plan. 

Richelieu avait aussi une manie, il caressait un chat, sur ses genoux, en recevant ses ambassadeurs et ses espions, et lorsqu’il qu’il avait de grandes décisions à prendre. Comme c’étaient les seuls êtres en qui il avait confiance, et probablement les seuls à ne pas avoir envie de l’assassiner, cette présence complice ne pouvait en effet que l’aider. Lui donner une contenance en tous cas. En revanche, côté gloriole, le cardinal ne partageait pas. Sur les célèbres tableaux de Philippe de Champaigne, aucune trace de greffiers… Et oui, faut savoir qui est la star, même à cette époque, la com’ politique était féroce !

 

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