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Juliette n'est pas d'accord avec JL Bernardelli

14/11/2013

Bonjour à toute l'équipe de Micetto,

Merci d'avoir créer ce site, dans lequel les chats sont appréhendés pour ce qu'ils sont. Je "bois du petit lait" quand je lis :

" La com avec un animal est donc au niveau de l'animal, pas celui de l'homme."

Merci à Monsieur Bernardelli pour cette affirmation. Je n'ai pas encore lus tous vos articles, cependant je m'inscris en faux face à l'affirmation de Monsieur Bernardelli qui écrit :

Je cite "...qu'il faut les prendre par la peau du cou, leur dire un « NON » ferme mais pas hurlé, les secouer une fois, toujours ferme mais non violent, ils vont piger. " Fin de citation.

Le risque en écrivant cela est l'interprétation du lecteur.

En effet, où se trouve la limite entre secouer fermement et secouer violemment ?

Celle ci est-elle la même pour toutes les personnes ?

Il s'agit de notre échelle de valeurs, qui peut être bien différente d'une personne à l'autre.

Exemple: pour moi, conduire vite, c'est rouler à plus de 190 kms/h et vous  ?

J'ai étudié la relation homme animal à PARIS V et il reconnut de manière assez unanime (vétérinaires et éthologues) que secouer un chat n'est pas la manière la plus pertinente pour "apprendre" quoique ce soit (à fortiori un interdit), excepté la crainte de la main de l'homme.

Prendre par la peau du cou est un comportement tout à fait normal en intra spécifique. En inter spécifique homme/chat, c'est un geste perçu comme une agression pour la grande majorité des chats.

Mais trève de blabla !

Longue vie à votre site !

Cordialement.

Juliette 

 

La réponse de Jean Louis

Chère Juliette, 

Délicieux prénom que le vôtre, j’ai la douce sensation d’une correspondance Hugolienne ou Shakespearienne… 

D’abord merci pour vos compliments. Notre site Micetto est en effet un modèle du genre, sans fausse et surtout sans vraie modestie… 

Vous me faites part de votre opposition à ma façon d’élever les chats, avec en plus une référence universitaire que je ne saurais contrer. J’y reviendrai. 

En fait,  vous n’avez pas tort, le mot « secouer » un animal peut être interprété de façons différentes et n’est d’ailleurs pas le mot que je voulais utiliser mais la langue française, si riche au demeurant, sur ce coup-là, m’a bien laissé tomber… En plus tout mot, si précis soit-il, est sujet à interprétation, vous me dites que pour vous-même rouler « vite » c’est 190 km/h, mon vrai univers professionnel est la compétition automobile et motocycliste, vous imaginez que 190km/h est chez nous une vraie lenteur… Chez les pandores en revanche, le simple fait de penser ces chiffres nous met déjà en tôle et propulse notre permis de conduire en orbite… 

Bref, pas besoin de passer les Pyrénées qui selon Pascal étaient aussi une barrière culturelle, pour constater que la relativité est notre quotidien… On pense par exemple au mot démocratie et à son très large faisceau d’interprétations, voire d’appropriations, dont on attribue avec raison la paternité aux Grecs époque-classique mais pas du tout avec le sens qu’on lui donne généralement aujourd’hui. 

C’est ici un vrai problème sémantique et je n’ai pas la moindre intention d’y noyer notre poisson-chat…  

Le fait est que si je réprimande mon greffier, je ne le secoue pas, ce verbe suppose une répétition du geste, or il ne se fait qu’une fois, de façon non violente mais assez ferme, autant de termes réservés à des gens responsables et dotés d’une intelligence adulte. Cela s’appelle l’autorité et ce mot a au moins autant d’acceptions que la démocratie sus citée… Alors quel mot ? Secousse simple et non répétée ? Faudrait-il inventer dès lors le verbe secousser ? J’ai posé la question à des tas d’amis qui ont des animaux, qui ont tous pratiqué ce même geste et qui reconnaissent que secouer n’est pas le mot adéquate en précisant que les mots c’est mon métier, pas le leur…  En bref, pour vous faire plaisir, je me suis fait envoyer paître, me voici donc bovin… Pas grave, rebondir est la loi du scrivaillon pris en flagrant délit.

Il fut un temps où j’aurais justement rêvé de « faire un bœuf », la musique est un univers largement aussi ouvert que les mots. Faute de trouver le mot qui me manque, je métaphorise… 

Ce que je cherche est peut-être la note bleue des musiciens, le secret de Mozart et Keith Jarrett, tellement introuvable et tellement évident !  Blue Note serait un joli nom pour un chat finalement… 

Bon, il faut en sortir. Vous me dites que vos références universitaires affirment que le porté par le cou est un signe d’agression, en tous cas quand c’est l’homme qui le fait. Perso, mes années bac plus quarante, la vie entière est une poursuite des études en fac, ne m’ont appris que la méfiance de l’homme… Quand à mes universités ès animaux, elles se résolvent à autant d’années de cohabitation avec chiens chats, tortues, chiens de prairie, caméléons… durant lesquelles je n’ai guère appris de la maternité féline. Ce sont la savane et les Rocheuses qui m’ont  montré la voie, quand les femelles (lionne, léopard, cougar-puma, jaguar) emmènent leurs petits en les attrapant par le cou, c’est à la fois une protection et un signe qu’il faut changer de crèmerie, en général pour une raison d’insécurité. Et quand moi je les prends par la peau du coup c’est aussi parce qu’ils ne sont pas là où il faut. CQFD ? Vous m’avez quand même appris, je vous l’ai dit, mon métier consiste à être curieux et à continuer de découvrir, la différence entre un comportement intra spécifique animal-animal et un comportement inter spécifique homme-animal. Merci de m’envoyer aussi le moyen mnémotechnique pour m’en souvenir, même si je comprends qu’intra c’est entre eux, inter c’est avec les autres, j’aimerais que ça sorte sans avoir à y réfléchir…

Je vous remercie encore de votre courrier, continuez à nous lire, éreintez moi dès que vous sentez le moindre amateurisme, nous devons nous souvenir que « quand on aime, on doute souvent de ce qu’on croit le plus », pour éviter de se casser la gueule, le doute est en effet le meilleur moyen d’avancer dans la vie… mais le plagiat est le pire, la jolie phrase ci-dessus est de La Rochefoucauld, j’ai donc rendu à César ce qui lui appartient. 

Jean Louis Bernardelli

 

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